Olivier Clementin 2008-11-09
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"Autrefois, dit-on, les premiers ministres manqués faisaient de grands mémorialistes : Retz, Saint-Simon, Chateaubriand". Si Valéry Giscard d'Estaing fut, lui, chef de l'Etat, ses mémoires ne sont pas les Mémoires d'Outre-Tombe. Il manque une vision du rôle de l'homme d'Etat, un sens de l'histoire. "Giscard ne réalise pas que l'histoire est tragique", dit Malraux, et c'est peut-être vrai. Il manque dans ces mémoires le sentiment que l'histoire est un combat mystique entre le Bien et le Mal. Peut-être sa fortune, son nom, son esprit, ont-ils empêché Giscard de le percevoir.
Focalisé sur les détails concrets, VGE semble avoir des avis sur tout et des opinions sur rien. Il parle de l'agencement des pièces de l'Elysée, du goût du café dans les sommets internationaux, de l'aspect physique de Mitterrand lors du débat de 1981, du plaisir de prendre son petit déjeuner à l'Elysée. Il pense qu'il faut s'opposer à l'invasion de la Pologne - ou jouer la Marseillaise plus vite. Mais il y a peu de choses sur sa vision de la politique : Giscard semble gérer les problèmes comme ils arrivent. Peut-être est-ce la méthode d'un homme d'action. Le troisième tome, écrit alors que l'auteur a quitté la vie politique, ne prend pas davantage de recul que les deux premiers. Ces mémoires restent un compte-rendu honnête, intéressant et bien écrit du septennat.