Clarabel 2006-02-23
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Un passage dans ce roman : "Ils savent parfaitement à quoi s'en tenir sur l'ampleur de leur désir, mais ils ignorent absolument quoi faire de cette science. La proximité, le silence, tout est dangereux, menaçant, porteur de risque. Ils n'osent même plus se regarder, comme si leurs yeux les déshabillaient tout à coup." Et l'essence même de l'histoire se résume ! C'est une magnifique journée d'été, la chaleur étouffante annonce un orage rageur. C'est aussi le jour d'anniversaire de Charlotte, 65 ans, l'épouse de Simon, l'un des personnages au coeur de la tourmente. Car Simon se réveille le désir chevillé au corps pour sa belle-fille, Catherine, mariée à David, leur fils. La journée s'égrène minutieusement. Les préparatifs s'échafaudent. Mais les personnages ont l'estomac barbouillé : trop de désir étouffé, éteint, caché, couvé... Le tout mitonne dans une cocote-minute qui s'échauffe ! Car même si au commencement de l'histoire tout semble calme en apparence, lisse, propre, idyllique, on soupçonne l'éclat du tonnerre, la puissance des sentiments et des ressentiments. "Juillet" est un roman qui tire parfois sur les violons, mais qui dépeint joliment les émotions humaines, finement construit, jamais brusque, un rythme de croisière qui ravira les plus empressés de l'introspection !