Bernard-olivier Lancelot 2007-09-16
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Trois bonnes raisons, voire quatre, nous poussent à lire ou relire "Les Essais" de Montaigne dans cette édition de la Pléiade. Sa langue originale, que les notes en bas de page éclairent à bon escient. Les introductions, dont l une précise que du début à la fin des "Essais", il faut voir "un homme, un livre". Les notes et variantes en fin de volume qui précisent humblement ce qu il faut penser de chacun des chapitres.
On découvre ou retrouve avec bonheur les pages les plus connues d inspiration stoïcienne avec son "Que Philosopher, c est apprendre à mourir" (I,20) ou plus épicuriennes ou sceptiques avec "De la Vanité" (III,9) et "De l Expérience,III,13); mais aussi des pages beaucoup moins connues et cependant toutes aussi passionnantes sur son expérience de l amour et de la sexualité ("Sur des vers de Virgile",III,6).
À ses trois raisons, il faut en ajouter une quatrième : Montaigne est si simple en sa manière de s analyser qu il nous donne à croire que l on aurait pu soi-même penser ce qu il écrit.
Prodigieux Montaigne, toujours aussi présent plus de 400 ans après sa disparition.
Cet ouvrage est sans conteste le plus précieux des livres de chevet car il apporte la preuve que "chaque homme porte la forme entière de l humaine condition".